Le Seigneur fit pour moi des merveilles !

Message de l'abbé Pierre-Yves Maillard, directeur spirituel, pour le pèlerinage à Lourdes 2017 "Le Seigneur fit pour moi des merveilles".

« Le Seigneur fit pour moi des merveilles ! » Une année après le Jubilé de la Miséricorde, les Sanctuaires de Lourdes nous invitent à la louange et à la reconnaissance pour tout ce que Dieu nous donne et fait dans nos vies.

« Le Seigneur fit pour moi des merveilles ! » Ce chant est d’abord celui de la Vierge Marie. Sitôt après l’épisode bouleversant de l’Annonciation (Lc 1, 26-38), Marie se met en route « rapidement » vers la montagne de Judée pour rendre service à sa cousine Elisabeth. Celle-ci proclame Marie « bénie entre les femmes » et « bienheureuse d’avoir cru » aux promesses du Seigneur (Lc 1, 39-45). Elle y croit donc, elle aussi ! Elisabeth est peut-être la première à qui Marie peut confier son secret inouï, et Elisabeth la croit. De cette rencontre et de cette confiance naît le Magnificat où Marie chante la nouvelle de l’Incarnation comme le plus bel Evangile : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles ! »

Cette louange nous réjouit sur notre chemin vers Lourdes. Oui, nous avons bien raison de revenir à la Grotte pour rendre grâce à Dieu de toutes ses merveilles. La louange de Marie est celle de toute l’Eglise. Que de motifs de reconnaissance pour l’œuvre de Dieu tout au long de l’histoire du salut, et dans chacune de nos existences ! La prière du « Merci » n’est-elle pas la première, et finalement la plus importante ? Elle nous décentre de nous-mêmes. Elle nous rappelle que tout nous est donné. Elle ouvre nos cœurs à l’accueil de l’autre, et c’est précisément ce qui nous permet de recevoir le don de Dieu. Dans la vie chrétienne, c’est toujours Dieu qui prend l’initiative, c’est lui qui nous aime « le premier ». Dire « Merci », c’est ce qui nous permet d’ouvrir notre cœur, et c’est tellement important !

Mais nous venons aussi à Lourdes avec des demandes, des pardons, des douleurs et des souffrances. Comment y reconnaître les « merveilles » de Dieu ? Notre pèlerinage nous rappellera également que Marie, elle aussi, a dû apprendre à conjuguer la joie du Magnificat avec l’épreuve de la croix. Sa louange n’a rien empêché de ses souffrances. Mais comment douter qu’au matin de Pâques, elle a su ressaisir et recevoir encore l’entier du mystère pascal dans l’émerveillement de son premier chant ? Elisabeth proclame Marie bénie « entre les femmes ». Toutes celles qui désirent la vie venue d’ailleurs pour elles-mêmes et leurs proches, toutes celles qui attendent cette vie contre toute espérance, sont les compagnes de Marie et lui valent d’être bénies.

Marie « magnifie » Dieu, ce qui signifie littéralement qu’elle « agrandit » Dieu. Le Pape Benoît XVI avait plusieurs fois relevé cette expression. Peut-on agrandir Dieu ? Peut-on le faire « plus grand », que ce qu’il est, lui qui est infiniment grand ? Non, mais on peut « agrandir en nous la place pour Dieu », lui faire plus de place dans notre vie et notre cœur, dans l’Eglise et dans le monde. Que ce pèlerinage nous y aide, pour chanter avec Marie toutes les merveilles du Seigneur !

Pierre-Yves Maillard
Directeur spirituel

Année du pèlerinage: